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lundi 29 décembre 2014

BAUDELAIRE HAIT LES BELGES

BAUDELAIRE ET LA BELGIQUE

La Propreté belge
« Bains ». — J’entre et demande un bain. Alors le maître
Me regarde avec l’œil d’un bœuf qui vient de paître,
Et me dit : « Ca n’est pas possible, ça, sais-tu,
Monsieur ! » — Et puis, d’un air plus abattu :
« Nous avons au grenier porté nos trois baignoires. »

J’ai lu, je m’en souviens, dans les vieilles histoires,
Que le Romain mettait son vin au grenier ; mais,
Si barbare qu’il fût, ses baignoires, jamais !
Aussi, je m’écriai : « Quelle idée, ô mon Dieu ! »

Mais l’ingénu : « Monsieur, c’est qu’on venait si peu ! »

Les Belges et la lune
On n’a jamais connu de race si baroque
Que ces Belges. Devant le joli, le charmant,
Ils roulent de gros yeux et grognent sourdement.
Tout ce qui réjouit nos cœurs mortels les choque.

Dites un mot plaisant, et leur œil devient gris
Et terne comme l’œil d’un poisson qu’on fait frire ;
Une histoire touchante ; ils éclatent de rire,
Pour faire voir qu’ils ont parfaitement compris.

Comme l’esprit, ils ont en horreur les lumières ;
Parfois sous la clarté calme du firmament,
J’en ai vu, qui rongés d’un bizarre tourment,

Dans l’horreur de la fange et du vomissement,
Et gorgés jusqu’aux dents de genièvre et de bières,
Aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières.

Le Rêve belge
La Belgique se croit toute pleine d’appas ;
Elle dort. Voyageur, ne la réveillez pas.

Le Mot de Cuvier
« En quel genre, en quel coin de l’animalité
Classerons-nous le Belge ? » Une Société
Scientifique avait posé ce dur problème.
Alors le grand Cuvier se leva, tremblant, blême,
Et pour toutes raisons criant : « Je jette aux chiens
Ma langue ! Car, messieurs les Académiciens,
L’espace est un peu grand depuis les singes jusques
                  Jusques aux mollusques ! »


EXERCICE : Montrez comment, dans ces quatre poèmes, Baudelaire exprime sa haine de la Belgique et des Belges.

BEAUCARNE - LETTRE A KISSINGER SUR VICTOR JARA


Julos BEAUCARNE, « Lettre à Kissinger »

Je veux te raconter, Kissinger,

L'histoire d'un de mes amis

Son nom ne te dira rien

Il était chanteur au Chili


Ça se passait dans un grand stade

On avait amené une table

Mon ami qui s'appelait Jara

Fut amené tout près de là


On lui fit mettre la main gauche

Sur la table, et un officier

D'un seul coup avec une hache

Les doigts de la gauche a tranchés


D'un autre coup, il sectionna

Les doigts de la dextre et Jara

Tomba, tout son sang giclait

Six mille prisonniers criaient


L'officier déposa la hache

Il s'appelait p't-être Kissinger

Il piétina Victor Jara

"Chante !" dit-il "Tu es moins fier"


Levant les mains vides des doigts

Qui pinçaient hier la guitare

Jara se releva doucement

"Faisons plaisir au commandant"


Il entonna l'hymne de l'U

De l'Unité Populaire

Repris par les six mille voix

Des prisonniers de cet enfer


Une rafale de mitraillette

Abattit alors mon ami

Celui qui a pointé son arme

S'appelait peut-être Kissinger


Cette histoire que j'ai racontée,

Kissinger, ne se passait pas

En quarante-deux mais hier

En septembre septante-trois


Voir la vidéo : « Julos Beaucarne. Hommage à Victor Jara. 1975 » à l’adresse suivante :