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lundi 28 janvier 2008

Michel Tournier

Le visiteur pénitentiaire du centre de Cléricourt m’avait prévenu : « Ils ont tous fait de grosses bêtises : terrorisme, prises d’otages, hold-up. Mais en dehors de leurs heures d’atelier de menuiserie, ils ont lu certains de vos livres, et ils voudraient en parler avec vous. » J’avais donc rassemblé mon courage et pris la route pour cette descente en enfer. Ce n’était pas la première fois que j’allais en prison. Comme écrivain, s’entend, et pour m’entretenir avec ces lecteurs particulièrement attentifs, des jeunes détenus. J’avais gardé de ces visites un arrière-goût d’une âpreté insupportable. Je me souvenais notamment d’une splendide journée de juin. Après deux heures d’entretien avec des êtres humains semblables à moi, j’avais repris ma voiture en me disant : « Et maintenant on les reconduit dans leur cellule, et toi tu vas dîner dans ton jardin avec une amie. Pourquoi ? »
On me confisqua mes papiers, et j’eus droit en échange à un gros jeton numéroté. On promena un détecteur de métaux sur mes vêtements. Puis des portes commandées électriquement s’ouvrirent et se refermèrent derrière moi. Je franchis des sas. J’enfilai des couloirs qui sentaient l’encaustique.
Je montai des escaliers aux cages tendues de filets, « pour prévenir les tentatives de suicide », m’expliqua le gardien.
Ils étaient réunis dans la chapelle, certains très jeunes en effet. Oui, ils avaient lu certains de mes livres. Ils m’avaient entendu à la radio. « Nous travaillons le bois, me dit l’un d’eux, et nous voudrions savoir comment se fait un livre. » J’évoquai mes recherches préalables, mes voyages, puis les longs mois d’artisanat solitaire à ma table (manuscrit = écrit à la main). Un livre, cela se fait comme un meuble, par ajustement patient de pièces et de morceaux. Il y faut du temps et du soin.
– Oui, mais une table, une chaise, on sait à quoi ça sert. Un écrivain, c’est utile ?
Michel TOURNIER, Ecrire debout.
Questions
1. Relevez quatre mots du champ lexical de la prison.
2. Quelles sont les personnes représentées par le pronom "ils" au début du texte? Relevez les trois groupes nominaux qui les désignent dans le premier paragraphe.
3. « cette descente en enfer »: Quelle figure de style pouvez-vous identifier?
4. Deux mondes s’opposent : celui des détenus et celui de l’écrivain. Etablissez les différences.
5. " maintenant on les reconduit dans leur cellule, et toi tu vas dîner dans ton jardin avec une amie": Remplacez la conjonction de coordination "et" par une conjonction de subordination exprimant l'opposition.
6. «Nous travaillons le bois, me dit l’un d’eux, et nous voudrions savoir comment se fait un livre.»: Transposez au style indirect.
7. " Un livre, cela se fait comme un meuble": Quel est le temps employé? Quelle est sa valeur?
8. Le texte assimile le travail de l’écrivain à un « artisanat solitaire »: En quoi un artiste peut-il être considéré comme un artisan ? Montrez que cette comparaison permet de relier l’écrivain aux détenus qu’il visite.
9. Ecrivez en une dizaine de lignes une suite à ce texte. Attention : ne faites pas que du dialogue.
10. Réécriture : remplacez "je" par la troisième personne du singulier, et faites les changements:
"J’avais gardé de ces visites un arrière-goût d’une âpreté insupportable. Je me souvenais notamment d’une splendide journée de juin. Après deux heures d’entretien avec des êtres humains semblables à moi, j’avais repris ma voiture. On me confisqua mes papiers, et j’eus droit en échange à un gros jeton numéroté. On promena un détecteur de métaux sur mes vêtements. Puis des portes commandées électriquement s’ouvrirent et se refermèrent derrière moi. Je franchis des sas. Je montai des escaliers aux cages tendues de filets."



Rédaction
Sujet 1 (imagination). – Le soir même, un jeune détenu raconte dans son journal la visite de l’écrivain.
Sujet 2 (réflexion). – « Une table, une chaise, on sait à quoi ça sert. Un écrivain, c’est utile ? »
Dans un développement ordonné et illustré d’exemples précis, vous vous demanderez « à quoi ça sert », un livre.

Dormeur du Val

Le Dormeur du Val (Arthur Rimbaud)

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat, jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

1. Comment appelle-t-on les vers du poème ?
2. Comment appelle-t-on les strophes de quatre ou trois vers ?
3. Quelle est la disposition des rimes?
4. Comment appelle-t-on ce type de poème ?
5. Repérer quatre enjambements dans ce poème. Quel effet créent-ils ?
6. Vers 1 à 4 : Relevez quatre mots du champ lexical de la lumière.
7. Quel verbe est répété et apparaît trois fois dans le poème? Relevez une expression synonyme de ce verbe dans le poème.
8. Montrez que la dernière phrase du poème modifie cette idée.
9. Quelles expressions, quand on relit attentivement le poème, pouvaient faire deviner que le personnage ne faisait pas une simple sieste? Relevez-en cinq.
10. Réécrire le passage suivant, à l’imparfait, et en commençant par « Une femme »: "Un soldat, jeune, bouche ouverte, tête nue, et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, pâle dans son lit vert où la lumière pleut."
11. Dans quel but Rimbaud a-t-il écrit ce poème?
12. A quoi sont assimilés (comparés) :
- le bruit de la rivière
- les reflets du soleil sur l'eau et autour de l'herbe
- la lumière du soleil
- la montagne
- la Nature

Les Yeux - sonnet

Laugier de Porchères
Les Yeux - (sonnet sur les yeux de la marquise de Monceaux)

Ce ne sont pas des yeux, ce sont plutôt des dieux :
Ils ont dessus les rois la puissance absolue.
Dieux ? Non, ce sont des cieux ; ils ont la couleur bleue
Et le mouvement prompt comme celui des cieux.

Cieux ? Non, mais des soleils clairement radieux
Dont les rayons brillants nous offusquent la vue.
Soleils ? Non, mais éclairs de puissance inconnue,
Des foudres de l'amour signes présagieux ;

Car s'ils étaient des dieux, feraient-ils tant de mal ?
Si des cieux, ils auraient leur mouvement égal.
Deux soleils, ne se peut ; le soleil est unique.

Eclairs ? Non ; car ceux-ci durent trop et trop clairs
Toutefois je les nomme, afin que je m'explique,
Des yeux, des dieux, des cieux, des soleils, des éclairs.

La fin du Ku Klux Klan

LA FIN DU KU KLUX KLAN A BROKEN BOW. (par Yale Huffman.)

La résurgence du Ku Klux Klan en 1920 est un phénomène que personne n’a totalement expliqué. Tout à coup, les villes du Middle West se sont retrouvées sous l’emprise de cette société secrète qui avait pour objectif d’éliminer de la société les Noirs et les Juifs.
A présent que la Première Guerre mondiale était terminée, les gens qui avaient besoin de quelqu’un à haïr trouvaient là une cible nouvelle.
A Broken Bow et dans Custer County, le message était embelli par la mystique de la société secrète masculine qui flattait le réflexe "nous contre eux" apparemment universel chez les hommes.

Arriva le moment de la parade annuelle du Ku Klux Klan autour de la grand-place. Ses membres choisissaient toujours un samedi, quand la ville était encombrée d’éleveurs et de fermiers. Vêtus de robes blanches et masqués par leurs bonnets coniques avec des trous pour les yeux, ils défilaient afin de rappeler aux citoyens leur dignité et leur puissance, menés par un personnage impressionnant mais anonyme, le Grand Kleagle. Tout au long des trottoirs était alignée la foule, qui s’interrogeait sur les marcheurs et évoquait en chuchotant leurs pouvoirs mystérieux.
Alors sortit en bondissant d’une ruelle un petit chien blanc à taches noires. Il va sans dire qu’exactement comme ils connaissaient tout le monde en ville, les habitants de Broken Bow connaissaient aussi les chiens, en tout cas les plus notables. Notre berger allemand, Hilda, et le labrador d’Art Melville étaient des personnages célèbres.
Le chien tacheté courut joyeusement vers le Grand Kleagle et sauta autour de lui en réclamant à grands cris une caresse de cette main bien-aimée. "Rascal", le mot se mit à circuler, "c’est Rascal, le chien de Doc Jensen". Pendant ce temps, le majestueux Grand Kleagle agitait ses longues jambes sous sa robe en essayant de chasser à coups de pied ce qui était manifestement son chien : "File, Rascal, à la maison !"
Le mot courait désormais au long du trottoir, précédant la procession. Les gens ne chuchotaient plus, ils parlaient à voix haute afin de bien montrer combien ils étaient au courant. On poussait du coude ses voisins, des petits rires parcouraient la file, tels des froissements de feuilles devant un coup de vent baladeur. Et puis le gamin du Dr. Jensen apparut et appela son chien : "Ici, Rascal ! Ici !"
Cela rompit la tension. Quelqu’un répéta l’appel : "Ici, Rascal !" C’est alors que les petits rires se transformèrent en rigolade, et une longue rafale d’hilarité balaya la grand-place. Le Dr. Jensen arrêta de donner des coups de pied à son chien et reprit sa marche solennelle, mais les spectateurs n’étaient plus d’humeur à se laisser impressionner : "Ici, Rascal ! Ici, Rascal !"
Telle fut la fin du Ku Klux Klan à Broken Bow.

QUESTIONS :

1. Dictée. (en italiques)
2. A quel genre littéraire appartient ce texte?
3. Qu'est-ce que le Ku Kluk Klan, d'après le paragraphe 1 ?
4. Relevez quatre expressions qui désignent le chien "Rascal".
5. Relevez quatre expressions qui désignent le chef du Ku Klux Klan. Quelle progression constatez-vous?
6. Relevez quatre expressions qui décrivent les réactions des spectateurs devant ce spectacle.
7. Relevez deux expressions ironiques, grâce auxquelles le narrateur se moque du Grand Kleagle.
8. Pourquoi la foule n'est-elle plus impressionnée par ce personnage?

Conte zen

L'idiot et le théologien (Contes Zen)

Un moine zen vivait avec son frère borgne et idiot. Un jour, alors qu'il devait s'entretenir avec un théologien fameux, un intellectuel venu de loin pour le rencontrer, il se trouva dans l'obligation de s'absenter. Il dit alors à son frère:
"Reçois et traite bien cet érudit! Surtout ne lui dit pas un seul mot et tout ira bien!"
Le moine quitta alors le monastère. Dès son retour, il alla promptement retrouver son visiteur:
"Mon frère vous a-t-il bien reçu?" s'enquit-il.
Plein d'enthousiasme, le théologien s'exclama: "Votre frère est absolument remarquable. C'est un grand théologien."
Le moine surpris bégaya: "Comment?... mon frère, un... théologien?...
- Nous avons eu une conversation passionnante, reprit l'érudit, uniquement en nous exprimant par gestes. Je lui ai montré un doigt, il a répliqué en m'en montrant deux. Je lui ai alors répondu, comme c'est logique, en lui montrant trois doigts, et lui m'a stupéfait en arborant un poing fermé qui concluait le débat...

L'érudit expliqua:
- Avec un doigt, je professais l'unité de Bouddha. De deux doigts, il élargit mon point de vue en me rappelant que Bouddha était inséparable de sa doctrine. Enchanté par la réplique, avec trois doigts, je lui signifiai: Bouddha et sa doctrine dans le monde. Il eut alors cette sublime réplique, en me montrant son poing: Bouddha, sa doctrine, le monde, tout cela ne fait qu'un. La boucle était bouclée."

Quelques temps plus tard, le moine alla retrouver son borgne de frère:
"Raconte-moi ce qui s'est passé avec le théologien!
- C'est très simple, dit le frère. Il m'a nargué en me montrant un doigt pour me faire remarquer que je n'avais qu'un oeil. Ne voulant pas céder à la provocation, je lui retournai qu'il avait la chance, lui, d'en avoir deux. Il s'obstina, sarcastique: "De toute façon, à nous deux, cela fait trois yeux." Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. En lui montrant mon poing, je le menaçai de l'étendre sur-le-champ s'il ne cessait ses insinuations malveillantes!"

Histoire à 4 voix

Une histoire à quatre voix. (par Anthony BROWN)
PREMIÈRE VOIX
C'était l'heure d'emmener Victoria, notre labrador de pure race, et Charles, notre fils, faire leur promenade matinale. Nous entrâmes dans le parc, et je libérai Victoria de sa laisse, quand, brusquement, un vulgaire bâtard surgit et commença à l'importuner. Je le chassai, mais le misérable corniaud se mit à poursuivre Victoria à travers tout le parc. Je lui ordonnai de partir, mais la sale bête m'ignora complètement. “ Assieds-toi ”, dis-je à Charles. “Ici.” Je réfléchissais au menu du déjeuner – j'avais un joli reste de poulet, je pouvais le servir agrémenté d'une salade, ou bien décongeler l'un de mes délicieux potages -, lorsque je remarquai tout à coup que Charles avait disparu ! Mon Dieu ? Où était-il passé ? Tant d'horribles individus rôdent dans le parc de nos jours ! J'ai crié son nom pendant une éternité. Puis je l'ai vu en pleine conversation avec une fillette qui avait très mauvais genre. “ Charles, viens ici. Immédiatement! ” ai-je dit. “ Et viens ici, je te prie, Victoria. ” Nous sommes rentrés à la maison en silence.

DEUXIÈME VOIX
J'avais besoin de prendre l'air, alors moi et Réglisse, on a emmené le chien au parc. Il adore le parc. J'aimerais bien avoir la moitié de son énergie. Je me suis installé sur un banc et j'ai consulté les offres d'emploi. Je sais que c'est une perte de temps, mais on a tous besoin d'un petit fond d'espoir, non ? Puis ce fut l'heure de rentrer. Réglisse m'a bien remonté le moral. On a bavardé gaiement tout le long du chemin.

TROISIÈME VOIX
J'étais une fois de plus tout seul dans ma chambre. Je m'ennuyais, comme d'habitude. Puis Maman a dit que c'était l'heure de notre promenade. Il y avait dans le parc un chien très gentil et Victoria s'amusait beaucoup. Elle avait de la chance, elle.
“ Ça te dirait de venir faire du toboggan ? ” demanda une voix. C'était une fille, malheureusement, mais j'y suis quand même allé. Elle était géniale au toboggan. Elle allait vraiment vite. J'étais impressionné. Les deux chiens faisaient la course comme deux vieux amis. La fille a ôté son manteau pour jouer à se balancer, alors j'ai fait la même chose. Je grimpe bien aux arbres et je lui ai montré comment s'y prendre. Elle m'a dit qu'elle s'appelait Réglisse, drôle de nom, je sais, mais elle est vraiment sympa. Puis Maman nous a surpris en train de parler et j'ai dû rentrer à la maison. Peut-être que Réglisse sera là la prochaine fois ?

QUATRIÈME VOIX
Papa n'avait vraiment pas le moral, alors j'ai été contente qu'il propose d'emmener Albert au parc. Albert est toujours extrêmement impatient qu'on le détache. Il est allé droit vers une magnifique chienne et a reniflé son derrière (il fait toujours ça). Bien sûr, elle s'en fichait, la chienne, mais sa maîtresse était hyper fâchée, la pauvre pomme. J'ai finalement parlé à un garçon sur un banc. J'ai d'abord cru que c'était une mauviette, mais en fait non. On a joué à la bascule et il n'était pas très bavard, mais ensuite, il est devenu plus cool. On a attrapé un fou rire quand on a vu Albert prendre un bain. Puis on a tous joué dans le kiosque et j'étais vraiment heureuse. Charlie a cueilli une fleur et me l'a donnée. Puis sa maman l'a appelé et il a dû partir. Il avait l'air triste. En arrivant à la maison, j'ai mis la fleur dans un peu d'eau, et j'ai préparé une tasse de thé pour Papa.

Dans le texte "Première voix", quel registre de langue est employé? Relevez les verbes au passé simple.
Montrez en relevant trois expressions que la "Première voix" préfère Victoria à Charles.
Dites à qui appartient chacune des quatre voix ( c'est-à-dire qui est le narrateur de chaque texte).
Présentez les quatre personnages suivants: qui sont Charles, Réglisse, Victoria et Albert?
Résumer l'histoire en cinq lignes maximum.
Relever dans le texte "Première voix" le groupe nominal qui désigne Réglisse.
Relever dans le texte "Première voix" les trois groupes nominaux qui désignent Albert.
Relever dans le texte "Troisième voix" le groupe nominal qui désigne Albert.
Comment Réglisse appelle-t-elle Charles?
Comment Réglisse appelle-t-elle la mère de Charles?
Montrer que les personnages n'ont pas la même vision des choses.
Imaginer la conversation entre Réglisse et son père, quand ils rentrent chez eux.

Textes-surprises

TEXTE 1:
Quand j'ai levé les yeux, ils étaient là. Elle avait des cheveux rouges avec des perles nacrées dedans et des paillettes dorées dessus. Il avait des yeux verts et une tignasse brune qui lui tombait sur les épaules. Leurs habits se ressemblaient : un assemblage bariolé de pièces de satin. Ils souriaient, se parlaient, et une musique accompagnait chacun de leurs gestes.
En cette fin d'après-midi, on les remarquait. Ces couleurs, ces deux visages épanouis parmi nos « impers » et nos cernes : c'était choquant et, agacés, plusieurs ont préféré regarder ailleurs.
Ils avaient un air gai qui contrastait avec nos costumes gris et nos airs tristes.
Soudain, il lui a dit quelque chose qui l'a énervée. Il a monté le ton et elle s'est mise à crier. Il a crié plus fort et elle a pleuré. Il a fait comme si de rien n'était puis, doucement, lui a caressé l'épaule en lui murmurant quelque chose à l'oreille. Elle a séché ses larmes et ils se sont embrassés. C'était fini.

1. Expliquer "C'était fini." Qu'est-ce qui était fini?
2. Qui sont les deux personnages principaux?
3. Ecrire le dialogue entre eux.



FIN DU TEXTE 1:
De derrière le drap noir, tendue entre les barres près de la porte, une fille a surgi. Elle a salué, coupé le magnétophone, plié le drap, coincé les deux marionnettes sous son bras et sorti une bourse qu'elle nous a tendue, en souriant. Beaucoup ont donné, certains ont dit non de la tête : d'autres, le regard fixe, ont fait semblant de ne pas la voir.
Au fond du wagon, au-dessus des strapontins, un ordre rouge était souligné de deux traits rouges : « Pour votre tranquillité, spectacles et quêtes sont interdits dans les voitures, ne les encouragez pas ! »
Cécile Arbona.
1. Qui sont en réalité les deux personnages principaux?
2. Expliquer "C'était fini." Qu'est-ce qui était fini?

TEXTE 2:
Je les ai vus tout à coup, loin, au bout de la rue, en rentrant chez moi, triste et morose. Deux jeunes, un garçon et une fille, les bras entrelacés, qui s'avançaient vers moi d'un pas joyeux et ferme, insensibles à la foule qui les entourait.
Heureux, ils bavardaient et riaient sous la pluie, comme s'ils avaient été seuls. Les gens les remarquaient, se déplaçaient pour leur laisser le chemin libre, se retournaient après eux, s'arrêtaient même. Le trottoir, la rue, la ville leur appartenaient…

1. Expliquer " insensibles à la foule" et " comme s'ils avaient été seuls".
2. Qui sont les deux personnages principaux? Souligner les mots qui les désignent.



FIN DU TEXTE 2:
J'ai eu soudain honte d'être morose, de traîner le pas, de me courber contre le mauvais temps. Qu'avais-je à me plaindre, moi ? Quand ils sont passés à côté de moi, les yeux dans le vide, chacun sa canne blanche à la main, je marchai droit, la tête haute, le feu au cœur.
IMOGENE LAMB.
1. Qu'apprenons-nous sur les deux personnages principaux?
2. Expliquer " insensibles à la foule" et " comme s'ils avaient été seuls".

Enigme...

ENIGME

Je suis et sur la terre, et sous terre, et sur l'eau;
Je suis au coeur de ceux qui cherchent la louange;
Je respire sans vie, et l'on me croit si beau
Que quand on me veut peindre, on me peint comme un ange.

C'est à changer toujours que jamais je ne change;
Mon corps est tout poumon, je n'ai ni chair ni peau;
Je suis bon à la braise, et mauvais au flambeau;
Et l'on tend dans les airs le piège où l'on me range.

A faire avoir du pain utilement je sers;
Je déclare la guerre, et forme les concerts;
Le duelliste est fou, qui contre moi s'escrime.

Je fais quand il me plaît, par un contraire effort,
Et mourir le bois vif, et vivre le bois mort,
Et redonne la mort au bois mort que j'anime.

Martial de Brives

Qui parle?

Figures de style:
- personnification:
"Je"
- antithèse:
" Mon corps est tout poumon, je n'ai ni chair ni peau;
Je suis bon à la braise, et mauvais au flambeau"
" Je respire sans vie"
- chiasme:
"Et mourir le bois vif, et vivre le bois mort"

Réécriture
Réécrire le poème à la troisième personne du singulier.